Le pantheon africain

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Abstract

La conversion religieuse, poursuivie par des ordres religieux, des confréries visant cet objectif ainsi que par de “pieux patrons”, s’articule comme un puissant système d’intégration de l’esclave. Nous analyserons ici le cas d’Antoine l’Éthiopien (mort en 1549), corsaire, musulman, marié, capturé dans la première moitié du XVIe siècle dans les eaux d’Augusta et celui de Benoît le Maure (1524-1589), né en Sicile d’esclaves originaires d’Afrique centrale déjà chrétiens. Dans ces deux cas, l’adhésion au troisième ordre franciscain devient un instrument qui permet non seulement l’affranchissement mais encore l’accès à la gloire des autels. Bienheureux le premier, saint le second, ils sont utilisés par l’ordre franciscain comme modèles de sainteté adaptés à la conversion des esclaves africains que la traite transplante dans la péninsule ibérique et surtout dans le Nouveau Monde. Nos sources de référence seront leurs procès de canonisation, conservés aux Archives vaticanes de la Sacra Rituum Congregatio.Les cultes et les dévotions voués à ces deux saints noirs représentent un exemple convainquant de comment l’Église dialogue efficacement avec les “périphéries”, mais aussi de comment les “périphéries” dialoguent entre elles : à l’époque moderne, il n’y a pas seulement le commerce qui soit triangulaire, la culture religieuse l’est aussi, transmigrant de Rome vers le Nouveau Monde et se croisant avec les cultures religieuses qui cheminent sur les jambes de la “marchandise humaine” provenant d’Afrique, construisant ainsi des formes inédites de religiosité qui s’inspirent des deux sources mais constituent une forme nouvelle, métisse, fille de l’hybridation des formes qui se sont croisées.
Lingua originaleFrench
Titolo della pubblicazione ospiteEscavitudes Hispanicas (siglos XV al XXI): Horizontes socioculturales
Pagine59-88
Numero di pagine30
Stato di pubblicazionePublished - 2014

Cita questo

Fiume, G. (2014). Le pantheon africain. In Escavitudes Hispanicas (siglos XV al XXI): Horizontes socioculturales (pagg. 59-88)